Empire Romain. Allectus ? – 297. Aureus
Allectus (? – 297) est un homme politique romain qui accède à la pourpre entre 293 et 296, en tant qu’usurpateur dont le pouvoir s’étend sur la Bretagne et le nord de la Gaule. Ni son prenom, ni son gentilice ne nous sont connus ; sur les séries monétaires émises sous son règne, il porte la titulature Imperator Caesar Allectus, Pius, Felix, inuictus Augustus. Il est vraisemblable qu’a l’instar de Carausius, a qui sa carriere est liée, Allectus soit originaire du nord-est de la Gaule. Il est d’abord à la tête du fiscus impérial, avec le titre de rationalis summae rei pour le compte de Carausius, general romain qui s’est emparé du pouvoir en Bretagne en 286. Lorsque Carausius accede au pouvoir, la Bretagne est depourvue d’atelier monetaire, ce qui est pourtant essentiel tant pour sa politique economique que pour le versement de la solde aux legions. A la tete du „fiscus imperial”, Allectus eut pour fonction la creation de cet atelier monetaire et la frappe de monnaies. Le sigle „RSR” visible sur les monnaies de Carausius correspond a „rationalis summae rei”. Allectus assassine Carausius pour prendre la pourpre a son tour en 294, soutenu par les marchands de Londinium. Afin de sauver ce qui pouvait l’être, il renonce à défendre ses provinces continentales. Il rapatrie en Bretagne les légions les plus combatives ainsi que sa flotte intacte. Mais Constance Chlore décide de bien préparer son invasion car la puissante flotte d’Allectus patrouille constamment dans la Manche, et, de plus, le nord de la Gaule n’est pas encore pacifié. Le débarquement se fait en 296, opéré à la fois par Constance Chlore et son préfet du prétoire Asclepiodotus, qui vainc les troupes d’Allectus et le tue lors des combats (297).
Selon G de Monmouth, lorsque parvient à Rome la nouvelle de l’invasion de Carausius, le Senat envoie Allectus avec trois légions pour rétablir l’autorité romaine. Allectus livre bataille contre Carausius, le tue, s’empare du trône de Bretagne insulaire et massacre un grand nombre de Bretons coupables de défection envers l’État romain. Les Bretons ne supportent pas un tel traitement et désignent comme roi Aclepiodotus, duc de Cornouailles.
